Flash est un outil d’animation très puissant… mais pas seulement ! Ses outils de création graphique vectoriels originaux et très intuitifs en font un substitut de choix pour de nombreux graphistes frustrés par la « rigidité » d’Illustrator. Voyons dans cet exemple comment mettre en pratique ces outils lors d’une colorisation simple d’un dessin scanné.
Pour débuter ce tutoriel, je vais partir d’un croquis dessiné à la main sur un bout de carnet, puis scanné. Pas besoin de nettoyer son crayonné pour cet exercice, il ne nous servira que de guide, et ne sera pas visible sur le rendu final.
Pour cet exercice, mon crayonné est un personnage représentant un orc. Je souhaite un style graphique assez frai, et Flash sera l’outil idéal pour cela :
Étape 1 : import du dessin
On ouvre donc Flash, et on commence par importer notre dessin.
Pour cela, on fait « Fichier » > « Importer » > « Importer dans la scène », ou ctrl + « r ».
Notre image est maintenant disposée sur notre scène. Pour y voir plus clair et anticiper la multitude de calques qui nous attendront, on va commencer par renommer le calque sur lequel notre dessin de base est positionné. Pour ma part, je l’ai appelé « Line ».
On sélectionne ensuite le dessin sur la scène. Pour l’instant, en regardant le panneau de propriétés de l’objet, il est considéré par Flash comme un « objet bitmap », et les possibilités de manipulation sont limitées. On va donc convertir notre dessin en Clip : « Modification » > « Convertir en symbole » (ou F8). On vérifie que « Clip » soit bien sélectionné dans la fenêtre qui s’affiche, on entre un nom de symbole ( »Line » par exemple), et on clic sur ok.
Lorsqu’on sélectionne de nouveau notre dessin sur la scène (sans double-cliquer !), on s’aperçoit qu’il est maintenant considéré par Flash comme un « Clip », et que nombre de ses propriétés sont modifiables. C’est justement ce qui nous intéressait. Nous allons commencer par modifier le mode de fondu du calque pour le passer à « Produit ». En effet, notre calque de dessin sera placé au dessus de tous autres, et ce mode de fusion nous permettra d’en cacher totalement les zones blanches, pour ne laisser visible que le trait qui nous servira de modèle. Si le trait semble trop visible est gêne votre lecture, n’hésitez pas non plus à baisser l’opacité du calque dans le menu « Couleur » > « Alpha » du panneau de propriétés de l’objet.
Notre base de travail est prête, attaquons nous aux choses sérieuses !
Étape 2 : bases de couleur
On va donc commencer cette mise en couleur en créant un nouveau calque pour la tête de notre personnage. Il faut bien imaginer que chaque élément qui constitue notre personnage (nez, oreille, bras gauche, doigts, bras droit, slip,…) sera sur un calque propre. Pour plus de clarté, il est important de bien nommer tous vos calques, et de les regrouper par « zones » dans des groupes de calque (exemple un groupe pour la tête, un autre pour le corps,…).
Nous plaçons donc tout de suite notre calque « tête fond » dans un groupe de calque nommé « tête ».
Toujours sur ce calque, nous allons commencé notre tracé grâce à l’outil « Ligne » de Flash (raccourci « n »). Nous allons pour l’instant tracer des lignes droites, qui suivront les principaux points d’encrages de notre dessin (mais pas forcements les courbes donc). Pour l’instant, il n’est pas nécessaire que notre tracé suive parfaitement notre dessin.
Il faut en revanche bien faire attention : Votre tracé doit absolument être parfaitement fermé pour pouvoir être rempli ensuite. Pour cela, n’hésitez pas à zoomer pour vérifier le placement des points d’encrage avec l’outil « Sous-sélection » ( »a »). Deux astuces : Vous pouvez également activer l’accrochage aux objets lors du tracé (option disponible en bas de la barre d’outil, avec l’icône d’aimant); vous pouvez aussi double-cliquer sur votre tracé pour vérifier qu’il est bien sélectionné dans son ensemble (si des zones ne sont pas sélectionnées, c’est que la coupure du tracé est autour).
Si tout va bien, on peut désormais remplir notre tracé d’une couleur de fond. Pour cela, on utilise l’outil « Remplissage » ( »k »), on choisit une couleur de remplissage, et on clique à l’intérieur de notre tracé.
Voici le résultat de ma forme de tête de base :
On va maintenant modifier le tracé de notre forme pour qu’elle colle à notre dessin. Pour cela, on utilise l’outil « Sélection » ( »v »), on attrape la partie du trait qu’on souhaite bouger, et on la fait glisser à son nouvel emplacement. Le tracé est déformé de façon fluide, et les traits se courbent naturellement. Cette méthode est extrêmement intuitive, on déplace réellement les lignes selon nos besoins. On peut également déplacer un point d’encrage du tracé (l’icône de l’outil change pour former un angle droit lorsqu’on survole un point d’encrage). On peut enfin ajouter de nouveaux points d’encrage au tracé, ou en supprimer grâce aux outils « Ajouter un point d’encrage » ( »= ») et « Supprimer un point d’encrage » ( »- »). Manipulez un peu votre trac é pour bien appréhender la méthode.
À ce stade, on peut également supprimer les lignes de contour qu’on ne souhaitera pas conserver. Pour cela, on les sélectionne grâce à l’outil « v », en prenant bien soin de ne cliquer qu’une fois sur la partie du tracé qui nous intéresse, puis on le supprime grâce à la touche « suppr ». On pourra plus tard, rajouter les lignes de contour effacées grâce à l’outil « Encrier » ( »s »).
Au final, ma forme de tête ressemble à ça :
On répète la création des formes de bases sur tous les éléments, en les séparant bien de calques, et en choisissant tout de suite des couleurs adaptées (pour le remplissage au moins).
Étape 3 : les contours
Cette étape est moins amusante que la précédente, un peu plus rébarbative, Elle consiste à modifier la taille, et la couleur de tous les contours que nous avons précédemment tracés. Pour cela, on sélectionne un tracé en cliquant dessus (ou double-cliquant si l’on souhaite le tracé entier). On peut ensuite modifier l’épaisseur du trait, et la couleur dans le panneau de propriétés. Ne pas hésiter à sélectionner plusieurs tracés similaires en maintenant la touche « Shift » lors de la sélection. On peut également utiliser l’outil « Pipette » ( »i ») pour qu’un tracé précédemment sélectionné, prenne les propriétés du tracé sur lequel on applique la pipette.
Étape 4 : les volumes
Notre image est pas mal, mais elle manque de volumes !
On va donc ajouter des aplats clairs ou foncés, pour simuler la lumière et l’ombre sur notre couleur.
Comme pour l’étape des bases de couleur, tout va se passer sur le calque de base de chaque élément. Pour l’exemple, je vais partir sur une jambe.
Je me place donc sur le calque de la jambe, et je sélectionne le remplissage en cliquant une fois dedans.
Une fois de plus, nous allons faire appel au puissant outil « Ligne » de Flash ( »n »). On va cependant prendre garde à choisir une couleur de trait bien différente de la couleur de remplissage du calque sur lequel nous travaillons. Et on va tracer le contour de notre ombre directement sur le calque de la jambe. Il faut bien faire attention que la partie à ombrer soit totalement isolée du reste du remplissage. En revanche, si il sépare le remplissage en deux, le tracé n’a pas forcément besoin d’être fermé.
On sélectionne ensuite la partie de remplissage de calque que nous souhaitons modifier, et on utilise l’outil de remplissage ( »k ») pour le remplir d’une couleur plus sombre.
Comme lors de l’étape des bases de couleur, on peut éventuellement utiliser l’outil de sélection ( »v »), pour modifier le tracé de l’ombre, et arrondir les angles.
On sélectionne ensuite la totalité du tracé que nous venons de créer en double cliquant dessus, puis on le supprime grâce à la touche « suppr ».
On répète le processus pour tous les éléments, et pour toutes les couleurs que nous souhaitons ajouter.
Astuce : les dégradés sous Flash
Pour l’étape des bases de couleurs, comme pour celle des volumes, on peut utiliser un dégradé au lieu d’une couleur unie. Cette technique est très utile lorsque l’on souhaite des volumes plus ronds, et des effets de lumières diffusées.
Pour utiliser un dégradé sous Flash, il suffit de choisir « radial » ou « linéaire » à la place de « uni » dans le panneau de couleurs, en sélectionnant la zone de remplissage concernée grâce à l’outil « v ». On peut ensuite modifier les couleurs qui constituent le dégradé en sélectionnant le point de couleur que l’on souhaite modifier et en modifiant sa valeur hexadécimale.
On peut enfin modifier la taille, la disposition, et l’étendue du dégradé en sélectionnant la zone du dégradé concernée, puis l’outil « Transformation de dégradé » ( »f »). Cet outil est très puissant et les possibilités sont étendues.
Étape 5 : l’export d’image sous Flash
Pour finir, on va exporter notre image depuis Flash. Pour cela on va régler les paramètres de publication du document : « Fichier » > « Paramètres de publication ». Dans l’onglet « Formats » de la fenêtre qui s’affiche, on sélectionne les formats qui nous intéressent, puis on clique sur publier.
Voici le résultat finale de ma colorisation sous Flash :
Ce tutoriel nous aura permis de faire un petit tour de tous les outils de création graphique de Flash, et de certaines méthodes d’utilisation. Les possibilités sont infinies, et la colorisation sous Flash, très particulière, peut vous rebuter ou vous emballer selon vos affinités avec le logiciel. En tous cas, pour les gens allergiques à Illustrator, cela constitue une sérieuse alternative pour la création graphique vectorielle.
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